SIDA: la Journée du 1er Décembre Met le Cap sur l’Éradication

A la veille de la journée mondiale contre le SIDA, les chercheurs sont plus que jamais déterminés à explorer toute piste conduisant à la guérison de l'infection par le VIH.Le slogan retenu au niveau mondial pour cette nouvelle journée contre le SIDA est déterminé: "Parvenir à zéro: zéro nouveau cas d'infection, zéro décès dû au VIH, zéro discrimination". Ce sont "des objectifs très ambitieux au regard de la situation actuelle, même à l'horizon annoncé de 2015", note le Docteur Alain Lafeuillade, chef du service de maladies infectieuses au Centre Hospitalier de Toulon et organisateur du "Workshop international sur l'éradication du VIH et de ses réservoirs" dont la prochaine édition a lieu du 6 au 11 décembre 2011 à Philipsburg (Sin Maarten).

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Journée Mondiale Contre le SIDA

Journée Mondiale Contre le SIDA

Les antirétroviraux ne sont pas la solution à long terme

Toulon, Var (PRWEB) 28 Novembre 2011

Le slogan retenu au niveau mondial pour cette nouvelle journée contre le SIDA est déterminé: "Parvenir à zéro: zéro nouveau cas d'infection, zéro décès dû au VIH, zéro discrimination".
Ce sont "des objectifs très ambitieux au regard de la situation actuelle, même à l'horizon annoncé de 2015", note le Docteur Alain Lafeuillade, chef du service de maladies infectieuses au Centre Hospitalier de Toulon et organisateur du "Workshop international sur l'éradication du VIH et de ses réservoirs" dont la prochaine édition a lieu du 6 au 11 décembre 2011 à Philipsburg (Sin Maarten).
Actuellement, 34 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde et 7000 nouveau cas d'infection surviennent chaque jour. Plus de 90% des transmissions ont lieu par voie sexuelle. La maladie, qui n'est toujours pas curable, fait moins peur et la lassitude vis à vis de l'usage du préservatif font que l'épidémie continue de croître même dans les pays qui offrent un accès facile aux traitements et au dépistage. En Afrique sub-saharienne, par contre, moins d'un tiers des patients nécessitant d'être traités ont accès aux antirétroviraux, et beaucoup de ceux qui le sont ont développé des résistances du virus à ces molécules. "Comme souvent dans ces pays l'infrastructure nécessaire au suivi des malades traités est déficiente ou absente, ceux-ci continuent de prendre des traitements devenus en grande partie inefficaces, regrette le Dr Lafeuillade, cela accroît le risque de transmettre des souches de VIH de plus en plus difficiles à traiter à cause des mutations que le virus a sélectionnées ".
Les traitements antirétroviraux actuels bloquent la multiplication du VIH s'ils sont pris correctement, mais celui ci persiste dans des "réservoirs" viraux permettant à l'infection de flamber à nouveau chaque fois que les antirétroviraux sont interrompus. "Cette étude des réservoirs a été l'objectif du 1° workshop que nous avons organisé, le Professeur Mario Stevenson (Université de Miami, USA) et moi même en 2003" précise le Dr Lafeuillade. A l'époque, personne ne croyait à la possibilité d'une guérison dans cette maladie. Depuis, l'évolution des connaissances et le cas du "patient de Berlin" ont prouvé qu'il n'était pas déraisonnable d'y travailler.
Ce n'est que depuis 2010 que des organismes de recherche, comme l'Institut Américain de la Santé (NIH), ont créé des lignes budgétaires spécifiques pour la mise au point de traitements curatifs du VIH. La même année, le Pr Françoise Barre-Sinoussi (Paris), prix Nobel de Médecine 2008 pour la découverte du VIH, lançait au sein de la Société Internationale contre le SIDA (IAS) l'initiative "Towards an HIV Cure" à laquelle les docteurs Lafeuillade et Stevenson contribuent. Le Pr Françoise Barre-Sinoussi sera présente au workshop de Sin Maarten.
Le but des chercheurs est avant tout de mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de maintenir un "contrôle" de la réplication du VIH sans avoir besoin de prendre en permanence des antirétroviraux (guérison fonctionnelle). "Ces stratégies vont devenir indispensables dans les prochaines années, déclare le Dr Lafeuillade, car on se heurte de plus en plus aux limites à long terme des traitements antirétroviraux." Ces limites incluent des problèmes de toxicité, d'observance, de résistance et de coût économique.
"Les antirétroviraux sont le moyen magique de figer l'évolution de la maladie, ils ne sont pas la solution à long terme" renchérit le Dr Lafeuillade. Selon le chercheur, les antirétroviraux resteront un élément important des stratégies futures, qui feront aussi appel à des médicaments modifiant le comportement des cellules et à la thérapie génique.

La recherche d'un vaccin préventif reste nécessaire en parallèle, mais aucune piste sérieuse n'a encore pu être identifiée, même si on comprend mieux depuis quelques mois quels types d'anticorps sont capables d'être protecteurs.

La journée du 1° décembre est célébrée depuis 1988.

Le 5° "Workshop international sur l'éradication du VIH et de ses réservoirs" est soutenu par le NIH et l'ANRS (Agence nationale française de recherche sur le SIDA). Il réunira du 6 au 11 décembre prochains plus de 215 chercheurs internationaux impliqués dans la recherche d'un traitement curatif du VIH/SIDA.
A propos du workshop: "International Workshop on HIV Persistence, Reservoirs & Eradication Strategies", Hotel Westin Sin Maarten, Philipsburg, 6-9 décembre 2011. Site internet: http://www.informedhorizons.com/persistence2011

Contact: Docteur Alain Lafeuillade, service des maladies infectieuses, Centre Hospitalier, Toulon, France; Tel: 04 94 61 63 40; email: lafeuillade(arobase)orange(point)fr

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Contact

  • Alain Lafeuillade

    (33)494616340