On peut guérir de l’Hépatite C si on y met le prix : c’est le constat des chercheurs réunis à partir du 21 mai à Marseille à l'initiative du Docteur Lafeuillade

900 médecins et chercheurs sont réunis depuis ce mercredi 21 mai au Parc Chanot pour trouver des solutions au dilemme posé par le coût des nouvelles molécules contre l'hépatite C. Cette édition de l'ISHEID se tient à l'initiative du Dr Lafeuillade, Président du congrès.

Marseille, Bouches-du-Rhone (PRWEB) 21 Mai 2014

L’infection chronique par le Virus de l’Hépatite C (VHC) toucherait 370000 personnes en France dont la moitié qui ne le savent pas, selon les données de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). D'après cette même source, le VHC est responsable de 2600 décès par an en France. Dans 80% des cas l’infection passe à la chronicité et dans 20% à la cirrhose qui prédispose au cancer du foie.

« Il s’agit donc bien d’un problème de santé publique, » souligne le Docteur Alain Lafeuillade, organisateur du symposium, « Mais jusqu’où les pouvoirs publics vont ils pouvoir financer les traitements curatifs qui existent maintenant ? » se demande t-il.

En effet, le dilemme est bien celui-ci : on sait maintenant guérir cette maladie mais le coût d’un seul traitement avoisine 40000 euros par mois (selon le dictionnaire Vidal), pour des durées de 3 à 6 mois selon les cas.

« C’est le prix à payer de la recherche, » déclare un représentant de l’industrie pharmaceutique qui a voulu garder l’anonymat.

« Certes, » réplique le Docteur Lafeuillade, « Mais dans un système de santé qui doit permettre l’accès à tous sans discrimination, cela pose problème ! ».

Le risque est que les critères de traitement soient très restreints ou que seuls ceux qui en ont les moyens financiers puissent accéder à la guérison.

Un dilemme dont les chercheurs se seraient bien passés car leur rôle est de trouver des solutions thérapeutiques et non de fixer les prix. Les pouvoirs publics sont aussi confrontés aux prix imposés par les laboratoires … dont la « santé économique » est pourtant fleurissante.

« La santé a un coût, et nous en sommes conscients, » soupire le Docteur Lafeuillade, « Mais qui aurait pu imaginer que les priorités de santé publique soient un jour confrontées au coût des médicaments et que cela retarde l’utilisation à grande échelle des thérapeutiques ? ».

Selon l'OMS, dans le monde, il y a 150 millions de personnes qui sont infectées par le VHC et 350000 décès annuels sont imputables à ce virus. Comme il n’existe pas de vaccin, le traitement est la seule réponse actuelle à la pandémie.


Contact

  • Alain Lafeuillade
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